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02/12/2010
La lecture et l'écoute
Lecture ---> le spectateur lit les mots de l'histoire sur la table et la gestuelle du conteur.
Double lecture ---> le spectateur lit sa trace, donc son activité de lecture.
Écoute ---> le spectateur écoute le conteur. Cette écoute est perturbée par les deux premières lectures mais cela n'est pas nuisible à l'expérience du conte. Benjamin insiste sur le fait qu'autrefois dans les campagnes, le conteur racontait souvent pendant que les auditeurs s'occupait à leurs long travaux. Autre exemple,la lecture orale se faisait à une époque aux ouvriers des usines de cotons. L'auditeur doit s'oublier dans une tache pour que les mots du conteur s'inscrivent plus profondément.
Double lecture ---> le spectateur lit sa trace, donc son activité de lecture.
Écoute ---> le spectateur écoute le conteur. Cette écoute est perturbée par les deux premières lectures mais cela n'est pas nuisible à l'expérience du conte. Benjamin insiste sur le fait qu'autrefois dans les campagnes, le conteur racontait souvent pendant que les auditeurs s'occupait à leurs long travaux. Autre exemple,la lecture orale se faisait à une époque aux ouvriers des usines de cotons. L'auditeur doit s'oublier dans une tache pour que les mots du conteur s'inscrivent plus profondément.
07/11/2010
Action temps téel et expèrience scénarisée
Depuis l'an dernier je conçois des exemples de textes animées avec des comportements soit scénarisés soit interactifs en temps réel. Pourtant il m'apparaît de plus en plus logique de combiner ces deux principes.
Wikipédia: "L'interactivité est une activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels qui agissent en ajustant leur comportement.
L'interactivité est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine (voir interface homme-machine). Toutefois elle est présente dans toutes les formes de communication et d'échange où la conduite et le déroulement de la situation sont liées à des processus de rétroaction, de collaboration, de coopération entre les acteurs qui produisent ainsi un contenu, réalisent un objectif, ou plus simplement modifient et adaptent leur comportement. Elle distingue une communication interactive qui s'opposerait à une communication à sens unique, sans réaction du destinataire, sans feedback."
Un texte interactif scénarisé permettrait d'inverser les rôles émetteur/récepteur. Le texte réagirait à l'utilisateur mais pourrait également prendre des décisions (actions scénarisées ou prédéfinies) quand au mouvement de sa forme par exemple, guidant ainsi le regard du lecteur.
Cela dans le but d'accompagner l'écoulement linéaire du texte. Des micro-évènements formels (narrativité) pour accompagner les évènements du texte (narration).
Wikipédia: "L'interactivité est une activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels qui agissent en ajustant leur comportement.
L'interactivité est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine (voir interface homme-machine). Toutefois elle est présente dans toutes les formes de communication et d'échange où la conduite et le déroulement de la situation sont liées à des processus de rétroaction, de collaboration, de coopération entre les acteurs qui produisent ainsi un contenu, réalisent un objectif, ou plus simplement modifient et adaptent leur comportement. Elle distingue une communication interactive qui s'opposerait à une communication à sens unique, sans réaction du destinataire, sans feedback."
Un texte interactif scénarisé permettrait d'inverser les rôles émetteur/récepteur. Le texte réagirait à l'utilisateur mais pourrait également prendre des décisions (actions scénarisées ou prédéfinies) quand au mouvement de sa forme par exemple, guidant ainsi le regard du lecteur.
Cela dans le but d'accompagner l'écoulement linéaire du texte. Des micro-évènements formels (narrativité) pour accompagner les évènements du texte (narration).
21/10/2010
Perception du texte et perception du son
"La lecture est un processus essentiellement visuel et en aucune façon "lire, c'est devant un signe écrit retrouver sa sonorisation" ".
Cette phrase du chercheur François Richaudeau précise ma volonté de transcrire l'expérience du texte écouté, en une nouvelle forme de texte à lire. Je comprend que cette transcription ne pourra pas générer de son dans l'esprit du lecteur, mais simplement une émotion ou une sensation similaire à celle provoquée par le son.
Je part du principe que le conteur propose une véritable expérience interactive se servant de son corps, de sa voix et de son regard pour interagir avec le public. Le texte que je crée a un comportement qui implique un processus interactif avec le lecteur. Les similarités avec l'oralité se situe là, dans la variation de l'expérience interactive.
Néanmoins le son reste un facteur sensible très important, que se soit pour accompagner la lecture ou concrétiser le caractère "vivant" de ses textes.


Cette phrase du chercheur François Richaudeau précise ma volonté de transcrire l'expérience du texte écouté, en une nouvelle forme de texte à lire. Je comprend que cette transcription ne pourra pas générer de son dans l'esprit du lecteur, mais simplement une émotion ou une sensation similaire à celle provoquée par le son.
Je part du principe que le conteur propose une véritable expérience interactive se servant de son corps, de sa voix et de son regard pour interagir avec le public. Le texte que je crée a un comportement qui implique un processus interactif avec le lecteur. Les similarités avec l'oralité se situe là, dans la variation de l'expérience interactive.
Néanmoins le son reste un facteur sensible très important, que se soit pour accompagner la lecture ou concrétiser le caractère "vivant" de ses textes.


06/10/2010
Conférence d'Etienne Mineur
wif2010 conference : Etienne MINEUR
envoyé par webdesign-festival. - Regardez plus de courts métrages.
Même si je trouve très intéressant de retourner vers le papier et de sortir de l'écran, je ne peux m'empêcher de penser qu'on exagère toujours un peu le caractère désespérément utilitaire de l'écran. L'écran peut aussi être sensible. Peut être que je réagis comme ça parce que je ne suis pas bien habitué aux écrans tactiles.
24/08/2010
Lecture de place de la toile 23.07.2010
Encore une lecture éclairante et passionnante d'un article de Nicolas Care paru dans le magazine wired. Care relativise la soi disant faculté de l'hypertexte à rendre plus intelligent. Des études on en effet montrées que surfer sur le net, y faire des recherches, modifie très rapidement notre activité cérébrale. Devant l'écran, les utilisateurs d'internet ont une activité cérébrale beaucoup élevée que les non utilisateurs d'internet. Mais il suffit de 5 heures d'utilisations pour que les novices voient leur activité cérébrale augmenter de façon très significative.
A l'époque de l'annonce de ces résultats beaucoup d'enthousiastes criaient au miracle. Pour beaucoup c'était une preuve qu'internet nous rendait plus intelligent (merci google).
Mais, explique Care, une plus grande activité cérébrale ne veut pas dire une meilleure activité cérébrale.
Des études psychologiques ont en effet montrées que la lecture sur le web est une lecture cursive (forme usuelle de la lecture) dont l'hypertexte favorise une lecture distraite (on abandonne facilement une lecture pour une autre, l'attention est mobilisée par le choix du "je clique, je clique pas" et souvent par les images et animations entourant le texte) et un apprentissage superficiel (le surplus d'informations trop rapidement parcouru favorise l'oublie et empêche une bonne compréhension).
La compréhension de l'information résulterait d'un transfert de la mémoire du travail vers la mémoire à long terme qui permet de transformer l'information en idées complexes enrichissant petit à petit notre pensée.
La mémoire à long terme aurait une capacité de stockage illimité, là où la mémoire du travail à court terme ne stocke qu'une petite quantité d'informations. Le passage de l'une à l'autre est un goulot d'étranglement. Si la mémoire à court terme est trop sollicité avec des infos morcelées et disparates, la perte d'informations est grande (Care met en garde contre la surcharge cognitive). A l'inverse un texte linéaire et continu (livre) favoriserait une bonne circulation des informations entre les 2 mémoires.
Le multitasking (faire plusieurs taches en même temps) est très critiqué dans l'article. En réorientant le cerveau d'une activité à l'autre on lui demande des efforts important qui font baisser notre concentration (argument bien connu).
Nicolas Care ne rejète pas tout, il admet qu'avec internet certaines facultés liées à la résolution rapide des problèmes sont améliorées (coordination œil/main, réponse réflexe, prise de décision rapide).
Care ne rejète pas cette méthode fragmenté d'apprentissage (que l'on connaissait déje dans les journaux et les magazines), mais déplore qu'elle devienne une fin en soit. Il ne faudrait pas qu'elle soit la seule méthode pour acquérir des connaissances car cela pourrait nuire à nos facultés d'analyse, de critique et d'imagination.
Je rajouterai quelques points qui me semblent intéressant. L'hypertexte et l'agitation qui entoure le texte sur écran ne sont pas les seules causes de déconcentration. Le support de lecture est également très important dans notre rapport au texte. Le livre est propice à un rapport charnel très intime avec le lecteur. Ce dernier le touche le manipule, le livre devient symboliquement une part du lecteur ou métaphoriquement le lecteur lui-même. Le texte sur écran est beaucoup plus désincarné. Il est distant car on ne peut le toucher que par l'intermédiaire de la souris, c'est donc un rapport robotique très éloigné de l'aspect organique du livre.
Mais je crois que ce rapport est bouleversé par l'écran tactile. Un ipad permet de toucher directement le texte sur l'écran, de façon beaucoup plus sensuelle. Un ipad se tient comme un livre il est beaucoup plus fusionnel que l'ordinateur classique. Un des argument des smart phone et des tablettes est justement de mettre en avant le rapprochement de la technologie et du corps. De plus l'interface de l'ipad semble favorisé une tranquillité de lecture. Dans un podcast vidéo sur les nouvelles technologie "geek ink", le podcasteur en présentant l'ipad s'étonnait que grâce à ce support, il lisait beaucoup plus qu'avant et finissait plus souvent les textes.
Bref je pense que le support et l'interface de lecture joue un grand rôle dans l'appréhension et la digestion des informations.
A l'époque de l'annonce de ces résultats beaucoup d'enthousiastes criaient au miracle. Pour beaucoup c'était une preuve qu'internet nous rendait plus intelligent (merci google).
Mais, explique Care, une plus grande activité cérébrale ne veut pas dire une meilleure activité cérébrale.
Des études psychologiques ont en effet montrées que la lecture sur le web est une lecture cursive (forme usuelle de la lecture) dont l'hypertexte favorise une lecture distraite (on abandonne facilement une lecture pour une autre, l'attention est mobilisée par le choix du "je clique, je clique pas" et souvent par les images et animations entourant le texte) et un apprentissage superficiel (le surplus d'informations trop rapidement parcouru favorise l'oublie et empêche une bonne compréhension).
La compréhension de l'information résulterait d'un transfert de la mémoire du travail vers la mémoire à long terme qui permet de transformer l'information en idées complexes enrichissant petit à petit notre pensée.
La mémoire à long terme aurait une capacité de stockage illimité, là où la mémoire du travail à court terme ne stocke qu'une petite quantité d'informations. Le passage de l'une à l'autre est un goulot d'étranglement. Si la mémoire à court terme est trop sollicité avec des infos morcelées et disparates, la perte d'informations est grande (Care met en garde contre la surcharge cognitive). A l'inverse un texte linéaire et continu (livre) favoriserait une bonne circulation des informations entre les 2 mémoires.
Le multitasking (faire plusieurs taches en même temps) est très critiqué dans l'article. En réorientant le cerveau d'une activité à l'autre on lui demande des efforts important qui font baisser notre concentration (argument bien connu).
Nicolas Care ne rejète pas tout, il admet qu'avec internet certaines facultés liées à la résolution rapide des problèmes sont améliorées (coordination œil/main, réponse réflexe, prise de décision rapide).
Care ne rejète pas cette méthode fragmenté d'apprentissage (que l'on connaissait déje dans les journaux et les magazines), mais déplore qu'elle devienne une fin en soit. Il ne faudrait pas qu'elle soit la seule méthode pour acquérir des connaissances car cela pourrait nuire à nos facultés d'analyse, de critique et d'imagination.
Je rajouterai quelques points qui me semblent intéressant. L'hypertexte et l'agitation qui entoure le texte sur écran ne sont pas les seules causes de déconcentration. Le support de lecture est également très important dans notre rapport au texte. Le livre est propice à un rapport charnel très intime avec le lecteur. Ce dernier le touche le manipule, le livre devient symboliquement une part du lecteur ou métaphoriquement le lecteur lui-même. Le texte sur écran est beaucoup plus désincarné. Il est distant car on ne peut le toucher que par l'intermédiaire de la souris, c'est donc un rapport robotique très éloigné de l'aspect organique du livre.
Mais je crois que ce rapport est bouleversé par l'écran tactile. Un ipad permet de toucher directement le texte sur l'écran, de façon beaucoup plus sensuelle. Un ipad se tient comme un livre il est beaucoup plus fusionnel que l'ordinateur classique. Un des argument des smart phone et des tablettes est justement de mettre en avant le rapprochement de la technologie et du corps. De plus l'interface de l'ipad semble favorisé une tranquillité de lecture. Dans un podcast vidéo sur les nouvelles technologie "geek ink", le podcasteur en présentant l'ipad s'étonnait que grâce à ce support, il lisait beaucoup plus qu'avant et finissait plus souvent les textes.
Bref je pense que le support et l'interface de lecture joue un grand rôle dans l'appréhension et la digestion des informations.
23/08/2010
Lecture de place de la toile
Dans sa "lecture de la semaine" du 16.07.2010 Xavier de la Porte expose un article de Kevin Kelly sur l'évolution des modes de lecture du livre à l'écran. Pour Kelly le livre développe une lecture contemplative. A l'inverse l'écran favorise une lecture utilitaire qui engage de plus en plus le corps du lecteur (souris, écran tactile et bientôt mouvements dans l'espace).
Cette réflexion m'éclaire sur une question que je me pose. Je n'ai jamais vraiment tenté de lire un vrai livre sur écran. Souvent les gens rejette le livre électronique en prétextant que ce n'est confortable pour les yeux, que les écrans fatiguent l'œil. Je me demande si le rejet du livre électronique ne viens pas plutôt de ce sentiment inconscient que l'écran n'est pas propice à l'état "contemplatif" nécessaire à la lecture d'un livre.
Dans mon projet j'avais pour défie de mettre le lecteur dans une position assez contemplative, à l'inverse de la lecture frénétique sur internet. Je me rend compte que le défie est double parce qu'il est intimement lié au support de lecture que j'utilise.
Cette réflexion m'éclaire sur une question que je me pose. Je n'ai jamais vraiment tenté de lire un vrai livre sur écran. Souvent les gens rejette le livre électronique en prétextant que ce n'est confortable pour les yeux, que les écrans fatiguent l'œil. Je me demande si le rejet du livre électronique ne viens pas plutôt de ce sentiment inconscient que l'écran n'est pas propice à l'état "contemplatif" nécessaire à la lecture d'un livre.
Dans mon projet j'avais pour défie de mettre le lecteur dans une position assez contemplative, à l'inverse de la lecture frénétique sur internet. Je me rend compte que le défie est double parce qu'il est intimement lié au support de lecture que j'utilise.
23/06/2010
L'art de la lecture orale
J'ai décidé de m'en tenir pour l'instant au rapport physique qu'entretien le lecteur avec le texte.
Je m'intéresse plus particulièrement à des lectures expressives où le texte engendre des modifications sur le corps. Lorsqu'on est poète ou conteur, on exprime le texte de façon plus corporelle.
Les textes vivants que j'essaye de mettre en place permettent un échange de comportement expressif où l'un influence l'autre (texte et lecteur) dans sa façon de vivre l'instant.
Mais pourquoi ne pas aller plus loin en considérant que l'expérience de lecture peut modifier durablement un texte comme lui-même sait transformer notre façon de voir le monde? Pourquoi ne pas imaginer qu'à chaque lecture, on puisse laisser un souvenir de notre passage et que lecture après lecture la forme et le comportement du texte s'en trouve bouleversé.
Cette idée de transformation fait clairement référence aux traditions de lectures orales que l'on trouve à toutes époques et dans le monde entier. Les contes de campagnes étaient souvent récités et modifiés par les conteurs ou les ménestrels.
Je m'intéresse plus particulièrement à des lectures expressives où le texte engendre des modifications sur le corps. Lorsqu'on est poète ou conteur, on exprime le texte de façon plus corporelle.
Les textes vivants que j'essaye de mettre en place permettent un échange de comportement expressif où l'un influence l'autre (texte et lecteur) dans sa façon de vivre l'instant.
Mais pourquoi ne pas aller plus loin en considérant que l'expérience de lecture peut modifier durablement un texte comme lui-même sait transformer notre façon de voir le monde? Pourquoi ne pas imaginer qu'à chaque lecture, on puisse laisser un souvenir de notre passage et que lecture après lecture la forme et le comportement du texte s'en trouve bouleversé.
Cette idée de transformation fait clairement référence aux traditions de lectures orales que l'on trouve à toutes époques et dans le monde entier. Les contes de campagnes étaient souvent récités et modifiés par les conteurs ou les ménestrels.
11/06/2010
Intention en fin de 4ème année
DE NOUVELLES LIBERTÉS POUR LE TEXTE NUMÉRIQUE.Que ce soit l’année dernière ou les années précédentes, mes préoccupations graphiques personnelles se sont toujours inscrites au service de la narration et de la lecture sur internet. Mon DNAP avait été l’occasion de mieux comprendre la notion de narrativité, que René Audet défini comme le « sentiment » de narration naissant d’un évènement.
Après avoir exploité sur internet la bande dessinée et le gif animé, j’ai travaillé cette année avec le texte. La lettre et l’image de Robert Massin et La naissance de l’écriture « du cunéiforme à l’alphabet » m’ont permis de mieux comprendre la relation « génétique » qu’entretiens la lettre avec le signe iconique (l’écriture fut d’abord pictographique puisque des figures représentatives et stylisées se trouvent à la base des premiers systèmes de communication graphique).
Plus encore, j’ai été surpris de voir à quel point, les mots servaient de territoires à des entités métaphysiques (par exemple certains hiéroglyphes étaient sensé libérer des forces magiques) ou étaient considérés comme des traces du divin censées éclairer l’humanité (enluminures, livre de Kells). Le mystère des mots était tel, qu’essayer de les illustrer fut pendant très longtemps considéré comme un sacrilège. L’Islam proscrivant la représentation, les Arabes eurent l’idée de contourner cet interdit en donnant au texte écrit une dimension décorative ou illustrative de son propre contenu. Les micrographies hébraïques sont un exemple fort de l’écriture s’illustrant d’elle même pour contourner les interdits portés sur les images.
Essayer de retrouver dans la trace désincarnée des lettres une représentation concrète de l’objet qu’elles nomment a toujours été un but illusoire source d’inventions visuelles surprenantes.
Les calligrammes d’Apollinaire montrent bien cette quête d’un texte « vivant », qui modifie notre rapport à la lecture en rajoutant du sens et de l’émotion.
Micrographie hébraïque

Un texte «vivant»
M’inscrivant en filiation de ces textes-image, je prolonge l’idée du calligramme dans le temps, en donnant au texte une forme de comportement.
Mais pourquoi chercher à rendre un texte « vivant »?
D’abord parce qu’aujourd’hui c’est possible et que les nouveaux supports de lecture comme l’Ipad sont prêts à augmenter les possibilités propre à l’expérience de lecture.
Ensuite parceque le texte nait d’abord de l’acte d’écrire, un acte exercé par une personne. Le texte à lire est un témoignage de cet instant d’écriture, moment intense de création où tout peut arriver. Il est en quelque sorte le témoignage d’un instant de vie, d’une personnalité. Vouloir donner un comportement au texte n’est donc pas complètement dénué de sens, c’est assumer la filiation du texte à la pensée en mouvement d’un auteur, c’est peut être retrouver sa parole. Donc, plus généralement c’est sans doute essayer de retrouver dans le texte une voix énonçant l’information comme le conteur narre une histoire.
Quand le conteur raconte, il sait à quel rythme et sur quel ton délivrer les informations pour avoir le plus d’impact possible sur son auditoire. Un texte « vivant » saurait donc prendre en main la distribution de ses mots, leurs formes, leurs manières d’apparaitre et de disparaitre.
Un texte «hanté»
En ce qui concerne les mouvements possibles des mots dans l’espace et le temps, j’aime à qualifier le texte de « hanté », car comme tout objet hanté ce texte n’est pas destiné à première vue à s’animer, à être vivant ou à être le lieux d’une apparition. Depuis que l’image a quitté l’écriture et que l’écriture est redevenue écriture à cause de sa laïcisation, le texte est perçu culturellement comme quelque chose de figé et même si l’hypertexte à modifié cette perception, les règles typographiques ne prévoient pas la gestion du mouvement. On admet que les mots s’animent pour un titrage, comme on le voit souvent dans le cinéma ou sur des contenus interactifs, mais très rarement pour le texte lui-même. C’est peut être parce qu’on n’accepte moins la perturbation pendant la lecture d’un texte, or à l’heure d’internet l’expérience de lecture n’a jamais autant été perturbé. Je ne parle pas forcément des publicités animées ou des fenêtres popup intempestives, je pense surtout à l’hypertexte qui nous fait voyager très vite d’un texte à l’autre, si bien que l’on termine rarement la lecture d’un article. Je pense donc que le public est prêt à accepter une certaine perturbation de lecture si cela créé de nouvelles possibilités de découvertes ou de créations.
Vers un nouveau langage
Toute l’année j’ai conçu des réponses formelles, qui bien que modestes, construisent peu à peu un champ opératoire de solutions formelles et sémantiques.
J’ai d’abord repris le concept de gif animé en essayant de créer des lettrines vivantes. J’ai ensuite créé des animations de silhouettes de la taille des caractères pour les faire vivre autour des mots. Je travaille actuellement sur des images en ASCII apparaissant dans le texte. La prochaine étape est d’arriver à faire varier la forme d’un texte en le programmant. En effet cette étape me permettra ensuite de lier le mouvement d’un texte à n’importe quel flux de donnée relatif à son sens.
Je ne me pose pas d’objectifs plus précis pour le moment car l’entreprise technique est déjà suffisamment lourde. Ce champ expérimental me permettra, j’éspère, de trouver des directions de travail inattendues. Je garde en tête l’aspect communautaire du projet final car cette dimension me tiens à cœur. Elle représente à mon sens la principale force d’internet, celle de rassembler les gens.
Références visuelles:
Deux inspiration tirées de CHRONOTEXT, une collection d’applications expérimentales d’Ariel Malka explorant les relations entre le texte l’espace et le temps.
1. The war of the words
2. Topographic text


1.
2.
Extrait du livre «A Dictionary Story» de Sam Winston

Pierre Garnier, poème "Pik bou" ("picvert" en picard), Ozieux 1, 1966.
Œuvre issu du mouvement littéraire"le spacialisme" crée dans les années 60 par Pierre Garnier.

BIBLIOGRAPHIE
• La lettre et l’image | Robert Massin.
• La naissance des écritures : du cunéiforme à
l’alphabet | Christiane Zivie-Coche.
• L’illustration histoire d’un Art | Michel Melo.
• Jeux et enjeux de la narrativité dans les
pratiques contemporaines | sous la direction de Claude Romano.
•Texte et hypertexte du voyage à l’errance |
d’Annick Lantennois et Luc Dall’Armellina.
A lire:
• De la simplicité | John Maeda
• Histoire de la lecture | Alberto Manguel
• La galaxie Gutenberg | Marshall McLuhan
WEBOGRAPHIE
• http://www.samwinston.com
• http://chronotext.org
• http://www.worldofawe.net | « World of Awe » carnet interactif sur internet de Yael Kanarek
• http://www.movintext.com | « Movin’Text » histoire cadavre exquis sur internet de Thibault Leporé.
• http://www.hoogerbrugge.com/
http://www.hoogerbrugge.com/nails/
http://www.hoteloscartangoecholima.com/splash.html
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